Pour la dernière année de la décennie, des confirmations et des révélations cinéma. En attendant les Oscars et les Césars, petit rappel du meilleur du cinéma à travers le monde par Batard Baroque Blog

10. Joker par Todd Phillips

Réussir à faire d'un méchant de bande dessinée un drame psychologique n'était pas chose aisée. Joaquin Phoenix en état de grâce, écho et résonance sociale de la souffrance de son personnage dans la réalité, Joker est un long-métrage dépassant ses faiblesses mais dont il faut relativiser le discours.

9. The Lighthouse par Robert Eggers

Film de marin sur la terre ferme, nous voici face à une exploration de la solitude masculine. Fantastique, toxique voire cauchemardesque, le film tient uniquement au duo Willem Dafoe - Robert Pattinson, plongé dans un noir et blanc stylisé. Le plaisir de revoir un ancien, la surprise de confirmer un ancien acteur de film pour ados. Le réalisateur de The Witch s'impose comme la nouvelle référence du cinéma de genre.

8. Les Misérables par Ladj Ly

Nouveau film de banlieue, le premier du mandat d'Emmanuel Macron, dont il existe une version court-métrage, il a bénéficié d'une couverture médiatique internationale. Mais cette visibilité est à tout honneur de ce film, s'inspirant du cinéma de Spike Lee et aux clins d'oeil avoués à Training Day et à La cité de Dieu. Le début d'une carrière et d'une filmographie notable pour Ladj Ly, membre du collectif Kourtrajmé.

7. Us par Jordan Peele

D'une réflexion raciale sur le racisme américain avec Get Out, nous passons à une réflexion sociale dans le second long-métrage de l'auteur. En effet, face à des doubles maléfiques meurtriers, c'est une critique ambiguë de la classe moyenne (la maison de vacances, le hors-bord, la tentation de la chirurgie esthétique, les addictions) que nous regardons. Toujours original.

6. Once upon a time in... Hollywood par Quentin Tarantino

Film d'amitié ? Critique douce de la machine à rêves ? Conte dystopique humoristique ? Inclassable comme chaque film de Quentin Tarantino, il met à l'honneur Brad Pitt et Leonardo Di Caprio, chacun 25 ans de carrière et toujours hypes. On ne sent pas le temps passer (2h41, ce qui devient la moyenne de durée des films de Tarantino depuis 10 ans) et on a constamment le sourire.

5. Ad Astra par James Gray

Le plus européen des réalisateurs américains tient enfin son blockbuster. Film de science-fiction sur la solitude, séquences spatiales cultes (traque sur la lune et singe de laboratoire...), Brad Pitt s'essaye à un rôle triste et profond, une performance qui ne ressemble à aucune de ces précédentes prestations.

4. Amazing Grace par Alan Eliott

Enregistrement de l'album de gospel Amazing Grace en 1972 filmé par Sydney Pollack, c'est seulement cette année que nous avons accès aux images. Messe fiévreuse, nous touchant au fond de nos âmes, nous touchant jusqu'aux larmes, c'est le testament d'Aretha Franklin, qui nous a quitté il y a 18 mois. À en devenir croyant et avoir la foi.

3. Compañeros par Alvaro Brechner

Ce long-métrage retrace le calvaire de 12 ans d'opposants à la dictature militaire en Uruguay. Thématiques de l'enferment, de l'aliénation ou de l'absurdité du totalitarisme, c'est un projet historique auquel nous assistons et la force de lutte nécessaire dans cette situation. Émouvant et culte.

2. Parasite par Bong Joon-Ho

La Palme d'Or la plus originale de la décennie, en écho et résonance directe avec un monde en colère dont on espère un sursaut des peuples... Au départ moins pris au sérieux que ses concitoyens Park Chan-Wook (Old Boy, Mademoiselle...) et Kim Jee-Woon (Le bon la brute et le cinglé et J'ai rencontré le diable), Bong Joon-Ho s'assure le titre du metteur en scène coréen de la décennie. En effet, de par ses deux projets américains (Transperceneige et Okja) et ce dernier film, son ton décalé tout en étant grave a marqué le cinéma. Consécration ultime.

1. Si Beale Street pouvait parler par Barry Jenkins

Pour son second film, l'oscarisé de Moonlight adapte un roman du grand James Baldwin. C'est une affaire d'injustice décryptant le racisme institutionnel et systémique américain, mis en scène avec fidélité et authenticité (les années 70 excellement reconstituées). Une sublime description de la condition noire aux États-Unis, entre drame et traumatisme, entre représentation du corps et intimité, enfin entre jazz élevateur et blues abaissant. Le film de l'année, sans conteste. Excellence Noire.

Popo Kitano

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