trône des femmes

Depuis le 7 juin, notre pays accueille la coupe du monde féminine de football. Une excellente occasion pour mettre tout le monde d’accord sur le football féminin, sans besoin ou logique nécessaire de le comparer aux hommes. Mais aussi c’était peut-être la chance pour la sélection française, d’ouvrir enfin son palmarès et d’entamer un nouveau cycle. En effet avec la nouvelle arrivée de Corinne Diacre au poste de sélectionneuse, n’étions-nous pas sur une route toute tracée ?

Que manque-t-il au football féminin ?

Niveau de national ? Niveau de CFA ? Le football féminin, avec sa première grande visibilité en 2011 avec la coupe du monde en Allemagne entièrement diffusé, a interrogé sur son niveau. Les femmes, étant moins physiques et athlétiques que les hommes (peuvent-elles faire des transversales ? Peuvent-elles répéter des courses sur les couloirs sur 90 minutes ?), comment peut-on voir et remarquer leur spécificité dans le sport le plus populaire du monde ? On peut remarquer un jeu plus académique, plus direct et surtout plus collectif. Et par cela, il faut comprendre que les individualités sont avant tout au service de l’équipe et non pour la performance individuelle. On évite donc l’exploit individuel, tout en reconnaissant que les gabarit des joueuses ne permettent vraiment des caractéristiques de percution ou de perforation efficace. En clair, il manque au football féminin de l’explosivité, de l’intensité et aussi de la puissance. Ces trois caractéristiques sont les atouts du football postmoderne masculin, avec comme illustration la plus actuelle Liverpool Football Club entraîné par Jürgen Klopp. Mais cela n’empêche pas au football féminin d’écrire ses propres histoires et ses propres légendes. De plus, il y a aussi le niveau des gardiennes, le problème est que les joueuses se fixant sur ce poste le font tard, pas avant 14 ans.


Captain Marvel contre la France

Megan Rapinoe, 34 ans, ailier gauche de l’équipe des États-Unis aux origines amérindiennes. Révélant son homosexualité en 2012, un mois avant la victoire aux Jeux Olympiques à Londres, elle est devenue une figure de contestation contre le Président américain Donald Trump et ce dès la campagne électorale. En effet, au-delà de sa défense de la communauté Lesbienne Gay Bisexuelle Transgenre Pansexuelle Asexuelle et Non Binaire, elle a soutenu la communauté noire, victime de violences policières, en boycottant l’hymne national chanté avant chaque compétition sportive, à la manière du footballeur américain Colin Kaepernick, un genou à terre. Pour cette coupe du monde, elle ne chante jamais l’hymne américain. Et elle proteste aussi contre la différence de salaires entre hommes et femmes dans le football, sans besoin de boycotter une compétition comme la coupe du monde, telle l’idée stupide de la footballeuse dernièrement ballon d’or Ada Hegerberg (« je boycotte ma sélection mais j’accepte de faire la consultante télévisée »…). C’est un procédé logique et claire de devenir une icône et de le prouver sur le terrain en marquant un doublé face à la France, à domicile, à sa coupe du monde où elle était favorite. Et qui pouvait bloquer Rapinoe ? Quelle bleue ? Quelle icône ? Quelle joueuse référente ? Quel pilier de la sélection ?

trône des femmes

La frontière fine entre optimisme et démagogie

La capitaine Amandine Henry a fait un bon mondial, mais elle ne s’est pas dépassée, transcendée face aux États-Unis, elle avait déjà peut-être atteint ses limites contre le Brésil… L’ailier Eugénie Le Sommer, la joueuse la plus technique de la sélection, s’est endormie contre le Brésil, mais s’est quand même réveillée un peu barbouillée contre les États-Unis… Élise Bussaglia,  a été porté disparue à partir des huitièmes, Gaëtane Thiney portée disparue toute la compétition et la gardienne Sarah Bouhaddi est toujours problématique dans ses sorties. Il y a finalement que Wendie Renard, comme joueuse référente, qui a été au rendez-vous : meilleur buteuse française du tournoi, en étant défenseure centrale… Et avançons comme prochain pilier de la sélection la latérale gauche Amel Majri, meilleur passeuse française. De ce constat, il faut reconnaître que l’emballement ou l’enthousiasme autour des bleues est un peu exagéré : les résultats ont été là en poule, mais le contenu est moyen voire poussif à partir des huitièmes. Donc, il n’y avait aucune raison pour ces joueuses d’accuser certains médias sportifs français d’être pisse-froid à leur encontre, mais aussi aucune raison de caresser dans le sens du poil une équipe qui n’a jamais joué comme une favorite (Denis Brogniart surestime le jeu et même Zidane vient donner son avis) d’autant que l’adversité de l’équipe américaine n’était pas si forte.

trône des femmes

Demain c’est loin

Si la coupe du monde 2018 tendait à faire de la France une nation du football, la coupe du monde 2019 tend vers le contraire. Malgré les fortes audiences télévisuelles, les réseaux sociaux ont joué la carte footix. Malgré l’affluence aux stades, la compétition a été gâchée par l’utilisation intempestive de la Video Assistant Referees (dont les plus grosses victimes ont été les équipes africaines…) en plus de quelques matchs trop brouillons en poule. De plus, l’investissement de la Fédération Française de Football (communication et marketing à plein régime, abondance de sponsors, opérations événementiels à tout va…), a amené comme objectif d’arriver en finale, ce que la sélection française féminine n’a jamais. On y est loin, ce n’est pas un échec pour autant ni un bon parcours en compétition. Le PSG a fait quatre quarts de finale de ligue des champions d’affilée, cela n’a satisfait personne, alors pourquoi on serait content quand l’équipe de France de football féminine fait la même chose ? Par conséquent, ce n’est pas une mauvaise idée de conserver Corinne Diacre à son poste, mais elle doit maintenant faire preuve de souplesse et de flexibilité. Car, de tout ce potentiel de jeunes joueuses (Diani, Cascarino, Gauvin, Mbock, Geyoro, Asseyi), certaines d’entre elles seront les futurs piliers de la sélection voire futures icônes du football. Et ajoutons à cela, que la France, par son élimination à son mondial, n’est pas qualififée pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Rendez-vous pour l’euro 2021… Ou alors faisons de l’Olympique Lyonnais féminine la référence du football féminin français : à eux les publicités, le marketing et la télévision.

Popo Kitano

Crédits Photographies : Droits Réservés

 

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